"La mer était calme. Allongée sur un transat, jambes protégées par sa couverture de vigogne, Léa somnolait. Il y avait peu de monde sur le pont. Soudain, il lui sembla entendre des rires d'enfants. Elle se redressa.
A l'autre bout du pont, François se dirigeait vers elle, portant Lorenzo qui riait aux éclats ; une vague de bonheur la submergea. Subitemment, cette douleur qu'elle connaissait bien lui déchira la poitrine : elle retint un cri.
Ses yeux se brouillèrent. Peu à peu, elle sentit ses forces l'abandonner, son corps devint léger, si léger. Là-bas, François s'avançait vers elle, souriant, la regardant avec amour.
Comme à son retour d'Allemagne, en 1945, il était là, fort et rassurant : tout allait recommencer comme avant... Mais pourquoi, au lieu de se rapprocher, s'éloignait-il dans ce brouillard... ? François... !"



